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Ug, Uw, Sw, TLw : lire une étiquette de vitrage sans se faire avoir

Un seul chiffre engage le fabricant sur la performance de ce qui sera posé chez vous : le Uw. Il désigne la fenêtre complète, vitrage et cadre confondus. Tous les autres décrivent un composant.

Le Ug, très mis en avant sur les plaquettes commerciales, ne concerne que le vitrage. Un vitrage à 1,0 monté dans un cadre médiocre donne une fenêtre médiocre, avec un chiffre flatteur sur le catalogue.

Et une deuxième idée, qui vaut pour toute rénovation : le châssis conservé plafonne le résultat. Remplacer le vitrage ou poser une fenêtre neuve sur un dormant ancien produit une performance différente, et les seuils applicables ne sont pas les mêmes.

Les cinq lettres, en une ligne chacune

Sigle Ce qu’il mesure Sens de lecture
Uw La fenêtre entière, vitrage plus cadre plus jonction, en W/m².K Plus bas, mieux c’est
Ug Le vitrage seul Plus bas, mieux c’est. Toujours meilleur que le Uw
Uf Le cadre seul Plus bas, mieux c’est
Sw Le facteur solaire, part de l’énergie solaire qui entre, entre 0 et 1 Plus haut, plus d’apports gratuits en hiver
TLw La transmission lumineuse, part de lumière visible qui passe Plus haut, plus de clarté

Deux repères d’ordre de grandeur, utiles pour situer un devis :

Configuration Ug indicatif Uw indicatif
Simple vitrage ancien de l’ordre de 5 à 6 très élevé
Double vitrage moderne à isolation renforcée, argon environ 1,0 à 1,1 environ 1,1 à 1,3
Triple vitrage environ 0,5 à 0,7 environ 0,7 à 0,9

Le Uw est toujours supérieur au Ug, puisqu’il intègre les déperditions du cadre et de la jonction. Un devis qui annonce un Uw inférieur ou égal à son Ug contient une erreur.

Comment le Uw se calcule, et pourquoi le Ug seul trompe

Le calcul, défini par la norme NF EN ISO 10077-1, combine trois contributions, pondérées par les surfaces respectives :

  • Le vitrage, par son Ug et sa surface
  • Le cadre, par son Uf et sa surface
  • L’intercalaire, la jonction entre vitrage et cadre, par un coefficient linéique appelé psi, multiplié par le périmètre du vitrage

Le cadre représente typiquement 20 à 30 % de la surface d’une fenêtre. Sa performance pèse donc lourd. Ordres de grandeur de Uf couramment rencontrés : de l’ordre de 1,3 à 1,5 pour un cadre PVC, de 1,3 à 1,8 pour du bois, et de 1,8 à 2,5 pour un aluminium à rupture de pont thermique.

Deux conséquences directes.

La première : un excellent Ug dans un cadre aluminium sans rupture de pont thermique donne un Uw ordinaire. Le chiffre mis en avant sur la plaquette ne dit rien du produit posé.

La seconde, plus surprenante : le Uw dépend des dimensions de la menuiserie. Une grande baie, où le vitrage occupe une part plus importante de la surface totale, affiche souvent un meilleur Uw que la petite fenêtre du même modèle, où le cadre pèse proportionnellement davantage. Comparer deux devis suppose donc de comparer des menuiseries de dimensions comparables.

L’intercalaire est le paramètre le plus souvent négligé. Un intercalaire dit à bord chaud améliore sensiblement le résultat sur les petites menuiseries, précisément celles où le périmètre est important par rapport à la surface.

Décomposition du coefficient Uw d'une fenêtre entre vitrage, cadre et intercalaire
Le cadre occupe 20 à 30 % de la fenêtre. Il pèse d’autant dans le résultat.

Les trois formulations qui doivent alerter sur un devis

  1. La valeur « à partir de ». Elle décrit le meilleur modèle de la gamme, dans sa configuration la plus favorable, rarement celle qui sera posée chez vous. Demandez le Uw pour vos dimensions et votre configuration, options comprises.
  2. L’absence de référence normative ou de certification. Une valeur annoncée sans mention de la norme de calcul, NF EN ISO 10077-1, ou de déclaration, NF EN 14351-1, n’engage personne. Une mention du type « estimé » doit conduire à réclamer le procès-verbal d’essai. Les certifications de référence à rechercher sont CEKAL, ACOTHERM ou CSTBat.
  3. L’absence de Sw. C’est l’oubli le plus coûteux, et l’objet de la section suivante.

Le Sw, ce coefficient qu’on oublie et qui décide de l’aide

Le facteur solaire mesure la part de l’énergie solaire transmise par la fenêtre. Un Sw élevé signifie des apports gratuits en hiver, un Sw bas limite la surchauffe estivale.

C’est aussi, et c’est ce que beaucoup de devis omettent, un critère d’éligibilité aux aides. Les seuils couramment appliqués pour le remplacement de fenêtres en dépose totale fonctionnent par paires :

Combinaison Uw Sw
Première inférieur ou égal à 1,3 supérieur ou égal à 0,30
Seconde inférieur ou égal à 1,7 supérieur ou égal à 0,36

Un devis affichant un Uw conforme mais un Sw à 0,28 rend le dossier inéligible. Le cas se produit régulièrement, et il se corrige en changeant de vitrage, souvent pour un écart de prix modeste, à condition de le repérer avant signature.

Attention : ces seuils sont fixés par arrêté et révisés régulièrement, notamment au fil des lois de finances. Vérifiez les valeurs en vigueur sur les sites officiels au moment de votre projet plutôt que sur une page de menuisier, y compris celle-ci.

Le Sw se choisit aussi selon l’orientation. Sur une façade nord, un Sw élevé est toujours bon à prendre. Sur une grande baie plein sud ou ouest, un Sw modéré ou un vitrage à contrôle solaire limite les surchauffes d’été, au prix d’apports hivernaux moindres. C’est un arbitrage, pas une valeur à maximiser partout.

Dépose totale ou dépose partielle, le vrai plafond en rénovation

C’est le point que la plupart des articles n’abordent pas, et il change le résultat plus que le choix du vitrage.

La dépose totale consiste à retirer l’ancien dormant et à poser une menuiserie complète, cadre neuf compris.

La dépose partielle, aussi appelée rénovation, conserve l’ancien dormant et vient fixer la nouvelle fenêtre dessus. C’est plus rapide, moins salissant, moins coûteux. Mais cela emporte trois conséquences.

  • La performance est plafonnée par ce qui reste en place. L’ancien dormant demeure dans le mur, avec ses éventuels défauts d’étanchéité et ses ponts thermiques.
  • Les seuils applicables sont différents. En dépose partielle, les exigences couramment retenues sont un Uw inférieur ou égal à 1,8 et un Sw supérieur ou égal à 0,32, là où la dépose totale demande les combinaisons vues plus haut. 
  • Le clair de jour diminue. Le nouveau cadre se superpose à l’ancien, ce qui réduit la surface vitrée et donc la lumière entrante. Sur une petite fenêtre, la perte est nettement perceptible.

La règle pratique : si le dormant existant est sain, d’aplomb et étanche, la dépose partielle se défend. S’il est dégradé, déformé, ou s’il a été le siège d’infiltrations, conserver le problème sous une menuiserie neuve n’a aucun sens. Le diagnostic du dormant précède le choix du vitrage, pas l’inverse.

Comparaison en coupe entre une dépose totale et une dépose partielle de fenêtre
En dépose partielle, la surface vitrée diminue et l’ancien dormant reste dans le mur.

Le TLw, et le confort qu’on oublie de chiffrer

La transmission lumineuse indique la part de lumière visible qui traverse la fenêtre. Un TLw de 0,70 signifie que 70 % de la lumière passe.

Ordres de grandeur : autour de 0,75 à 0,80 pour un double vitrage standard, et sensiblement moins dès qu’on ajoute une troisième vitre ou une couche de contrôle solaire.

Ce coefficient mérite attention dans deux situations : les pièces orientées nord, où chaque rayon compte, et les petites ouvertures dans du bâti ancien. Un vitrage très performant thermiquement mais peu lumineux dégrade un confort qui ne se mesure pas sur une facture, et qui se constate tous les jours.

Ce qui ne figure sur aucune étiquette

La pose. Une menuiserie parfaitement calculée, mal calfeutrée, ne tient pas ses performances. L’étanchéité à l’air du raccord entre la menuiserie et le gros œuvre relève de la mise en œuvre, encadrée par le NF DTU 36.5, et ne se lit sur aucun coefficient.

Les autres classements. Les performances d’étanchéité à l’air, à l’eau et au vent font l’objet d’un classement distinct, désigné par les lettres A, E et V. Sur une façade exposée au vent, il pèse autant que le Uw sur le confort réel.

L’acoustique. Elle s’exprime par un indice en décibels, distinct de tous les coefficients thermiques. Un vitrage feuilleté asymétrique améliore l’isolement au bruit sans changer significativement le Uw.

Un devis complet mentionne donc le Uw pour vos dimensions, le Sw, le classement d’étanchéité, et le mode de dépose retenu.

FAQ

Faut-il regarder le Ug ou le Uw ? Le Uw. Le Ug ne concerne que le vitrage et sert à comparer deux vitrages entre eux. La performance de la fenêtre posée chez vous, c’est le Uw, et il doit être donné pour vos dimensions.

Un Uw plus bas est-il toujours mieux ? Sur le seul critère des déperditions, oui. Mais un Uw très bas s’accompagne souvent d’un Sw et d’un TLw plus faibles, donc de moins d’apports solaires gratuits et de moins de lumière. L’optimum dépend de l’orientation et de la pièce.

Peut-on changer seulement le vitrage sans changer la fenêtre ? C’est techniquement possible sur certains châssis, mais le gain est limité par le cadre conservé, et le résultat n’est pas comparable à celui d’une menuiserie complète. Cela peut se défendre sur un châssis sain de bonne qualité, rarement ailleurs.

Mon devis n’indique pas le Sw, est-ce grave ? Oui, sur deux plans. Vous ne pouvez pas juger les apports solaires, et vous ne pouvez pas vérifier l’éligibilité aux aides, qui dépend d’une combinaison Uw et Sw. Réclamez la fiche technique du vitrage proposé.

Sources :

Pose Menuiserie, décomposition du Uw selon NF EN ISO 10077-1 et rôle de l’intercalaire

Fenestrend, lecture de l’étiquette, certifications et ordres de grandeur de TLw

Hexafen, seuils applicables selon dépose totale ou dépose partielle

Artisan Vérifié, ordres de grandeur de Uf par matériau de cadre et part du cadre dans la surface

Par ETS Roche

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Un résumé structuré s'ouvriront dans un nouvel onglet.
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