Une porte forcée ou détériorée, une serrure remplacée ou neutralisée par les occupants, des clés inconnues encore en circulation, une fenêtre ou une porte de garage endommagée, des accès secondaires laissés ouverts, un logement resté vacant pendant de longs mois : voilà, souvent, l’état d’un bien lorsqu’il est enfin libéré après une occupation illicite. Reprendre les clés ne suffit alors presque jamais. Après une occupation illicite, le propriétaire ne sait généralement ni combien de doubles ont été réalisés, ni quelles personnes ont encore eu accès aux lieux.
C’est là qu’intervient le serrurier — mais à un moment précis, et dans un rôle précis.
À clarifier d’emblée : le serrurier n’a pas pour rôle d’expulser les occupants. Il intervient lorsque les lieux ont été légalement libérés et que le propriétaire est autorisé à en reprendre possession, afin de contrôler les accès, remplacer les systèmes de fermeture endommagés et prévenir une nouvelle intrusion.
Un rappel important encadre tout le sujet : le propriétaire ne doit pas forcer lui-même les occupants à quitter les lieux. Selon la situation, l’évacuation doit passer par la procédure administrative prévue pour les squats ou par une décision de justice exécutée dans les conditions légales (Service-Public.fr).
Une fois l’évacuation terminée et la reprise des lieux autorisée, le serrurier après évacuation de squatteurs vérifie l’ensemble des accès, remplace les cylindres ou les serrures nécessaires, effectue les réparations urgentes et conseille le propriétaire sur les moyens de limiter une nouvelle occupation.
À quel moment le serrurier peut-il intervenir ?
Le calendrier de l’intervention n’est pas un détail technique : c’est une question juridique.

Après la libération légale des lieux
Le serrurier doit intervenir uniquement lorsque le propriétaire peut légitimement reprendre possession du logement. Selon le dossier, cette reprise peut intervenir après :
- le départ volontaire des occupants ;
- une évacuation administrative ;
- l’exécution d’une décision de justice ;
- une opération conduite avec un commissaire de justice et, si nécessaire, la force publique.
La procédure administrative applicable aux squats permet au propriétaire ou au locataire concerné de saisir le préfet sous certaines conditions. Lorsque la mise en demeure de quitter les lieux reste sans effet, l’évacuation forcée peut être mise en œuvre par les autorités (Légifrance).
Pourquoi le serrurier ne doit pas être appelé pour expulser les occupants
Changer les serrures alors que des personnes occupent encore le logement peut constituer une reprise des lieux irrégulière — avec des conséquences pour le propriétaire lui-même. Le serrurier n’est ni chargé de déterminer les droits des occupants, ni habilité à employer la force. Son rôle est strictement technique : sécuriser le logement une fois l’autorisation d’accès et la libération des lieux établies.
Attention : la présence de personnes dans le logement doit être traitée par les autorités, le préfet, le juge ou le commissaire de justice selon la procédure applicable. Le serrurier ne remplace pas ces intervenants.
Vérifier l’autorisation de reprendre possession du logement
Avant d’intervenir, un professionnel sérieux peut demander au propriétaire ou à son représentant des éléments confirmant que la situation est régularisée. Ces justificatifs peuvent comprendre :
- une pièce d’identité ;
- un titre de propriété ;
- un mandat de gestion ;
- un document du commissaire de justice ;
- un procès-verbal de libération ou d’expulsion ;
- une décision administrative ou judiciaire ;
- l’autorisation du propriétaire lorsque le demandeur agit pour son compte.
L’objectif n’est pas de mener une analyse juridique complète — ce n’est pas le métier du serrurier — mais d’éviter de modifier les accès d’un logement dont la situation ne serait pas clarifiée.
Le premier diagnostic du serrurier après l’évacuation
Remplacer un cylindre et repartir serait une erreur : après une occupation, la vulnérabilité peut se nicher ailleurs. Le diagnostic commence donc par un tour complet des accès.
Examiner la porte d’entrée
Le serrurier contrôle le cylindre, la serrure, les points de fermeture, la gâche, les paumelles, le bâti, l’alignement de la porte, les traces de perçage ou de forçage, et les réparations provisoires déjà effectuées. Objectif : déterminer si la porte peut être conservée ou si elle présente une faiblesse importante.
Contrôler tous les accès secondaires
L’inspection s’étend à la porte arrière, la porte de service, la cave, le garage, le portail, les fenêtres accessibles, la baie vitrée, les accès aux parties communes, et les dépendances et locaux techniques. Un principe simple guide ce contrôle : un logement n’est jamais plus sûr que son accès le plus vulnérable.
Rechercher les modifications réalisées pendant l’occupation
Le serrurier vérifie enfin si les occupants ont remplacé un cylindre, ajouté un verrou, démonté une serrure, modifié une gâche, neutralisé une porte, conservé des doubles de clés, créé un accès par une dépendance ou endommagé une porte de garage.
Remplacer les serrures et supprimer les anciennes clés
Remplacer au minimum le cylindre
Lorsque la serrure est encore en bon état, remplacer le cylindre peut suffire à rendre inutilisables toutes les anciennes clés. Cette opération permet de reprendre le contrôle des accès, de recevoir un nouveau jeu de clés, d’empêcher l’usage des anciens doubles et de limiter le coût lorsque le mécanisme complet est intact.
Remplacer la serrure complète lorsqu’elle est détériorée
Une serrure entière peut devoir être remplacée quand le mécanisme a été forcé, que les points de fermeture ne fonctionnent plus, que la serrure a été modifiée, que la porte ferme difficilement, que le niveau de sécurité est insuffisant ou que les pièces compatibles ne sont plus disponibles.
Remplacer les cylindres utilisant une clé commune
Dans certains logements, une même clé ouvre plusieurs accès : porte d’entrée, cave, garage, portail. Une intervention cohérente impose alors de modifier plusieurs cylindres, afin qu’aucune ancienne clé ne reste utilisable où que ce soit.
Réparer une porte forcée ou endommagée

Une occupation illicite laisse fréquemment des portes abîmées. Les réparations envisageables incluent :
- le remplacement de la gâche ;
- le renforcement du bâti ;
- le réalignement de la porte ;
- le remplacement des paumelles ;
- la reprise des points de fermeture ;
- la pose d’une plaque de protection ;
- la réparation ou le remplacement du cylindre ;
- le remplacement complet de la porte lorsque sa résistance est compromise.
Un point à ne pas négliger : une porte très endommagée ne doit pas être « sécurisée » par le seul ajout d’un verrou. La résistance du support — bâti, dormant, mur — doit elle aussi être vérifiée, faute de quoi la serrure la plus solide reste posée sur un point faible.
Installer une fermeture provisoire en urgence
La remise en état définitive n’est pas toujours possible le jour même. Une fermeture provisoire s’impose alors si la porte est inutilisable, si le vitrage de la porte est cassé, si le modèle de serrure doit être commandé, si le bâti nécessite une réparation, si une porte blindée doit être fabriquée sur mesure ou si plusieurs accès doivent être traités successivement. Le serrurier sécurise temporairement l’ouverture, dans l’attente des travaux définitifs.
Renforcer le logement contre une nouvelle intrusion
Au-delà du changement de serrure, la remise en sécurité est l’occasion de corriger les faiblesses qui ont pu faciliter l’occupation.

Installer une serrure multipoints
Une serrure multipoints répartit la fermeture sur toute la hauteur de la porte. Elle n’offre aucune protection absolue — aucun dispositif ne le fait — et n’a de sens qu’associée à une porte et à un bâti en bon état.
Poser un cylindre de haute sécurité
Selon les modèles, un cylindre haute sécurité peut offrir une résistance au perçage, une protection contre l’arrachement, un contrôle de la reproduction des clés, une carte de propriété et un renforcement contre certaines méthodes d’ouverture.
Renforcer ou remplacer la porte
Les solutions vont du blindage de la porte existante au bloc-porte blindé, en passant par le renforcement du bâti, les cornières anti-pinces, les paumelles renforcées et le protège-cylindre.
Sécuriser les autres ouvertures
La porte d’entrée ne fait pas tout. Pensez aussi aux verrous de fenêtres, aux systèmes de fermeture des baies vitrées, à la porte de garage, au portail, aux volets, à l’éclairage extérieur et à une alarme ou télésurveillance. Les dispositifs de surveillance et d’alarme peuvent contribuer à dissuader les intrusions dans un logement temporairement vacant (ANIL).
Que faire des clés retrouvées dans le logement ?
Les clés récupérées sur place ne garantissent pas que tous les exemplaires ont été restitués. Il est conseillé de photographier les trousseaux retrouvés, de les conserver provisoirement, d’identifier les accès correspondants, de ne pas réutiliser les anciens cylindres, de ne remettre les nouvelles clés qu’aux personnes autorisées et de tenir une liste des doubles distribués.
Même si les occupants rendent un jeu de clés, le remplacement des cylindres reste recommandé, car des copies peuvent avoir été réalisées.
Réaliser un état des lieux complet après l’évacuation
Le serrurier n’est pas le seul professionnel à mobiliser. Le propriétaire a tout intérêt à documenter précisément l’état du bien : les portes et serrures, les fenêtres, les équipements sanitaires, l’installation électrique, les murs et sols, le mobilier restant, les traces d’effraction, les éventuels dégâts des eaux et les objets laissés sur place.
Selon la procédure utilisée, le commissaire de justice peut intervenir dans l’exécution de l’expulsion et dans la constatation de la situation. Une expulsion judiciaire ne peut pas être mise en œuvre librement par le propriétaire sans respecter les conditions légales (Légifrance).
Quels documents demander au serrurier ?
Pour vos dossiers — et pour une éventuelle demande à l’assurance — conservez le devis, la facture détaillée, la liste des pièces remplacées, les références des nouveaux équipements, le nombre de clés remises, les photos avant et après intervention, le compte rendu des dommages constatés, les certifications éventuelles des serrures et les garanties des équipements installés.
La facture doit distinguer clairement :
- le déplacement ;
- la main-d’œuvre ;
- la sécurisation provisoire ;
- les fournitures ;
- le remplacement des serrures ;
- les réparations de la porte ;
- les travaux de renforcement.
L’assurance peut-elle prendre en charge les travaux de serrurerie ?
Peut-être — mais rien n’est automatique. La prise en charge dépend du contrat d’assurance, de l’origine des dégradations, des garanties vol, vandalisme ou détérioration, du caractère urgent des travaux, de la franchise, du plafond d’indemnisation et de l’accord préalable de l’assureur. Lorsque la situation le permet, contactez votre assurance avant d’engager les travaux définitifs.
Pour instruire le dossier, préparez des photos, le procès-verbal ou document relatif à l’évacuation, le devis du serrurier, la facture, la liste des dommages, le dépôt de plainte le cas échéant et les références du dossier de sinistre. Ne considérez pas pour autant que l’assurance remboursera systématiquement les dégâts liés au squat : les situations d’occupation illicite font l’objet de traitements très variables selon les contrats.
Peut-on relouer ou réoccuper immédiatement le logement ?
Changer les serrures ne rend pas, à soi seul, le logement de nouveau habitable. Avant toute remise en location ou réoccupation, il peut être nécessaire de faire contrôler l’électricité, le gaz, la plomberie, le chauffage, la ventilation, les fenêtres, les équipements sanitaires et l’état général du logement. Le propriétaire doit aussi s’assurer que les accès sont fiables et que toutes les clés sont désormais maîtrisées.
Prévenir une nouvelle occupation d’un logement vacant
Un bien qui vient d’être libéré reste, un temps, particulièrement exposé. Quelques mesures réduisent le risque :
- faire relever régulièrement le courrier ;
- éviter les signes visibles d’inoccupation ;
- demander le passage d’une personne de confiance ;
- vérifier régulièrement les accès ;
- installer un éclairage avec programmation ;
- faire entretenir l’extérieur ;
- poser une serrure adaptée ;
- sécuriser les fenêtres accessibles ;
- installer une alarme ;
- surveiller les ouvertures à distance ;
- conserver les documents prouvant l’occupation ou la propriété.
L’ANIL recommande notamment d’éviter d’annoncer une absence sur les réseaux sociaux, de faire relever le courrier et de maintenir des signes d’activité dans le logement.
Le rôle du serrurier en résumé
Après une évacuation légalement exécutée, le serrurier peut :
- contrôler tous les accès ;
- neutraliser les anciennes clés ;
- remplacer les cylindres ;
- réparer les serrures et les portes ;
- installer une fermeture provisoire ;
- renforcer les points faibles ;
- fournir un nouveau jeu de clés ;
- établir un devis et une facture détaillée ;
- conseiller des équipements de sécurité adaptés.
Il ne peut pas :
- décider qui a le droit d’occuper le logement ;
- expulser lui-même les occupants ;
- employer la force ;
- intervenir dans un logement encore occupé sans cadre légal clair ;
- remplacer les autorités, le juge ou le commissaire de justice.
Faire sécuriser un logement après une occupation illicite
Après la libération légale d’un logement, les Établissements Roche Père et Fils peuvent contrôler les différents accès, remplacer les cylindres et les serrures endommagées, réparer une porte forcée et proposer des solutions de sécurisation adaptées. L’intervention peut concerner une maison, un appartement, une résidence secondaire, un local vacant ou une dépendance à Lyon, Grenoble, Jonage et dans les communes voisines. Serruriers à Lyon, Grenoble et Jonage depuis plus de 25 ans, les Établissements Roche Père et Fils remettent systématiquement un devis avant intervention.
Votre logement vient d’être libéré ?
Contactez notre équipe pour contrôler les accès, remplacer les serrures et sécuriser durablement les lieux.
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FAQ — Serrurier et sécurisation après un squat
Peut-on changer la serrure pendant que les squatteurs sont encore présents ?
Le propriétaire ne doit pas tenter d’expulser lui-même les occupants ni de reprendre les lieux par la force. Le changement de serrure doit intervenir dans un cadre légal clair, après la libération du logement ou sur instruction des autorités compétentes.
Faut-il remplacer la serrure si les clés ont été rendues ?
Oui, cela reste fortement conseillé. Les occupants peuvent avoir réalisé des doubles, et le propriétaire ne peut pas vérifier que toutes les clés ont été restituées.
Le serrurier doit-il remplacer toutes les serrures ?
Pas nécessairement. Il contrôle chaque accès et détermine si un remplacement de cylindre suffit ou si la serrure, la porte ou le bâti sont endommagés au point d’être remplacés.
Qui peut assister à l’intervention du serrurier ?
Le propriétaire, son mandataire, le gestionnaire du bien ou les intervenants chargés de l’exécution de la mesure peuvent être présents selon la situation.
L’assurance rembourse-t-elle le changement des serrures ?
La prise en charge dépend des garanties du contrat, des circonstances de l’occupation et de la nature des dégradations. Il est recommandé d’obtenir l’accord de l’assureur et de conserver les photos, devis et factures.